
Loi Le Meur : ce qui change pour la location meublée de tourisme en 2026
Fiscalité
Loi Le Meur : ce qui change pour la location meublée de tourisme en 2026
La location meublée de tourisme, qu’il s’agisse de location saisonnière ou de mise en location via une plateforme en ligne, a longtemps bénéficié d’un cadre fiscal et juridique très souple. Ce n’est plus le cas. Depuis la loi du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur », les règles ont été nettement durcies : fiscalité moins favorable, exigences accrues en matière de performance énergétique, déclaration renforcée des meublés de tourisme et pouvoirs élargis des communes. Voici ce qu’il faut savoir avant de louer, d’acheter ou de vendre.
Qu'est-ce que la loi Le Meur ?
En résumé : la loi Le Meur est une loi de novembre 2024 destinée à mieux réguler la location meublée de tourisme, afin de rééquilibrer le marché du logement dans les zones sous tension. Elle réduit les avantages fiscaux, renforce les exigences énergétiques et l'enregistrement, et élargit les pouvoirs des communes.
Elle met fin à ce qui était parfois qualifié de « niche fiscale » de la location courte durée, tout en donnant aux maires de nouveaux leviers pour préserver l'habitat permanent, un enjeu sensible aussi bien dans les grandes villes que dans les zones touristiques et littorales.
Quelle fiscalité pour un meublé de tourisme en 2026 ?
Réponse courte : le régime micro-BIC a été nettement resserré. Pour un meublé classé, l'abattement forfaitaire passe à 50% (plafond de recettes ramené à 77 700 €) ; pour un meublé non classé, l'abattement tombe à 30 % (plafond ramené à 15 000 €).
Auparavant, les meublés de tourisme bénéficiaient d'abattements bien plus favorables (jusqu'à71 %). Le classement du meublé devient donc un véritable levier d'optimisation.Selon le niveau des revenus locatifs, un passage au régime réel, qui permet de déduire les charges et d'amortir le bien, peut aussi s'avérer plus avantageux :c'est un arbitrage à étudier au cas par cas.
Type de meublé
Abattement micro-BIC
Plafond de recettes
Meublé de tourisme classé
50 %
77 700 €
Meublé de tourisme non classé
30 %
15 000 €
Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer ?
Réponse courte : oui. La loi généralise un enregistrement national obligatoire des meublés de tourisme, assorti d'un numéro à faire figurer sur les annonces.
Cette téléprocédure permet aux communes de mieux connaître et encadrer le parc locatif touristique. Les maires disposent en outre du pouvoir de plafonner la location d'une résidence principale (jusqu'à 90 jours par an dans les communes concernées) et de réguler l'implantation des meublés dans certains secteurs.
Quelles obligations de performance énergétique (DPE) ?
Réponse courte : La performance énergétique devient un point de vigilance majeur. Dans certaines situations, notamment lorsqu’une autorisation de changement d’usage est requise, le logement doit respecter un niveau minimal de performance énergétique. Aujourd’hui, le niveau attendu correspond aux classes A à E ; à compter du 1er janvier 2034, il devra correspondre aux classes A à D.
Une partie du parc ancien étant énergivore, ce point est déterminant : un bien mal classé peut voir sa mise en location restreinte. Avant tout achat destiné à la location saisonnière, la vérification du DPE et du calendrier applicable est essentielle.
Copropriété : ce qui change pour les meublés de tourisme
La loi renforce le rôle du règlement de copropriété. Les règlements établis après le 21novembre 2024 doivent indiquer explicitement s'ils autorisent, ou non, la location meublée de tourisme. Pour les copropriétés existantes, une clause d'interdiction peut désormais être adoptée à la majorité des deux tiers, au lieu de l'unanimité auparavant.
Autrement dit, un copropriétaire ne peut plus présumer que la location courte durée est libre: la vérification du règlement, avant d'acheter ou de se lancer, devient incontournable.
Changement d'usage : une autorisation désormais temporaire
Dans les communes qui l'imposent, l'autorisation de changement d'usage (transformer un logement d'habitation en meublé de tourisme) n'est plus accordée de manière permanente : elle devient temporaire, limitée à 5 ans renouvelables. Les communes peuvent également instaurer des quotas ou réserver certains secteurs à l'habitation permanente.
Acheter pour louer en meublé de tourisme : les points de vigilance
Avant d’investir dans un bien destiné à la location saisonnière, plusieurs vérifications s’imposent :
· le règlement de copropriété autorise-t-il la location meublée de tourisme ?
· la commune impose-t-elle une déclaration, un changement d’usage, un quota ou un plafonnement de durée ?
· le DPE du bien est-il compatible avec les règles applicables au projet ?
· quel régime fiscal, micro-BIC pour meublé classé ou non classé, ou régime réel est le plus adapté?
Ces vérifications conditionnent à la fois la faisabilité juridique du projet et sa rentabilité. Les anticiper permet d’éviter de lourdes déconvenues après l’achat.
Le rôle du notaire dans votre projet
Au moment de l'acquisition, le notaire vérifie le règlement de copropriété, la situation d'urbanisme et les contraintes locales de changement d'usage, et vous éclaire sur la structuration patrimoniale la plus adaptée (détention en direct, en indivision ou en société). Un projet de location meublée de tourisme bien préparé en amont, c'est un investissement sécurisé.
L'étude Caperenne accompagne propriétaires et investisseurs dans leurs projets d'acquisition et de mise en location.
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FAQ
Qu'est-ce que la loi Le Meur ?
Une loi de novembre 2024 qui régule la location meublée de tourisme : elle réduit les avantages fiscaux, renforce les exigences énergétiques et l'enregistrement, et élargit les pouvoirs des communes.
Quelle fiscalité pour un meublé de tourisme en 2026 ?
Pour les revenus perçus à compter de 2025 et déclarés en 2026, le régime micro-BIC prévoit un abattement de 50 % dans la limite de 77700 € de recettes pour un meublé de tourisme classé, et un abattement de 30 %dans la limite de 15 000 € pour un meublé non classé. Le régime réel peut être plus avantageux selon les cas.
Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer en meublé de tourisme ?
Oui, un enregistrement national est obligatoire, avec un numéro à indiquer sur les annonces. Les communes peuvent en outre plafonner la durée de location.
La copropriété peut-elle interdire la location de tourisme ?
Oui. Une interdiction peut désormais être votée à la majorité des deux tiers, et les nouveaux règlements doivent se prononcer explicitement sur ce point.
Faut-il vérifier le DPE avant d'acheter pour louer ?
Oui, un calendrier de performance énergétique s'applique aux meublés de tourisme ; unbien mal classé peut voir sa location restreinte.
Article informatif à jour au 7 août 2026. La réglementation varie selon les communes et évolue ; pour une analyse adaptée à votre situation, rapprochez-vous de votre notaire.
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